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Romans extraordinaires

Dès 1943, avec Ravage, René Barjavel (1911-1985) s'impose comme un des précurseurs de la science-fiction française.

Ravage
Le Voyageur imprudent
Le Diable l'emporte
Colomb de la Lune
La Nuit des temps
Le Grand Secret
Le Prince blessé
La Tempête

Les enfants de l’ombre En ce temps-là, une douce rivière coulait des monts d’Auvergne vers les plaines du Bourbonnais. Elle commençait en torrent maigrelet, prenait de la taille et de l’aisance jusqu’à ressembler à un fleuve moyen de région tempérée. On la nommait l’Allier. Les gens instruits, qui possédaient leur certificat d’études encadré au-dessus de la tête de leur lit, lui attribuaient le genre masculin, mais les simples ne se trompaient pas, et parlaient d’elle comme d’une fille. L’été, quand elle reflétait le ciel bleu pâle, elle avait l’air d’une bergère couchée parmi les fleurs et les herbes. Elle aimait les adolescents vierges, imprudents, qui ont les membres graciles et le ventre à peine fleuri. Chaque année elle en ravissait quelques-uns, elle les gardait longtemps dans son lit. Elle ne les rendait qu’après avoir tout tiré d’eux, elle les déposait doucement sur une berge de sable, nus, les yeux ouverts, les mains abandonnées, la bouche close.
A l’automne, elle poussait un ventre de matrone et gémissait ses douleurs. Les riverains dont elle écrasait les prés en se retournant juraient sur elle : « La garce ! Al’est encor’grosse ! » Ils la connaissaient bien.
A l’endroit exact où elle quitte l’Auvergne pour entrer en Bourbonnais, une petite ville s’était posée sur sa rive et demeurait là, s’arrondissait au cours des siècles. Son nom était Chussy et celui de ses habitants Chussyssois.

Un roman c'est une histoire, qu'un un-peu-fou s'invente et se raconte, à haute voix dans l'espoir que les raisonnables l'entendront. Il y a des histoires qui attirent toute la famille au coin du feu, et les voisins par les fenêtres. Il y en a qui font fuir même la servante. Il y a aussi celles qui endorment même le grand-père qui ne dort jamais, et parfois le conteur. Et celles que personne n'entend, bien que le conteur ait l'impression de parler très fort. Et plus il crie, plus c'est le silence.
De toute façon le temps passe et on oublie l'histoire et les mots de l'histoire. Une heure, un siècle, une civilisation, c'est la même chose: un instant.
Aussi n'y a-t-il pas de quoi, la dernière page écrite, se regarder se regarder le nombril dans l'espoir d'y trouver un diamant.Le boulanger a fait son pain, quelqu'un l'a mangé, cela lui profite, bonne viande ou cellulite, selon le pain selon les dents. Le boulanger recommence, c'est son plaisir c'est son travail. Qui se nourrira du vent de l'histoire? Que ceux qui ont faim le happent, et s'il leur échappe il y a de quoi courir.
Cette histoire je l'ai écrite, c'est mon travail c'est mon plaisir. Elle est à vous maintenant, allez-y, entamez-la. Le début est sec, c'est exprès, pour vous aiguiser les dents. Ca devient vite plus tendre. Et le meilleur est à la fin. Un bon livre c'est comme l'amour.
article Mai 2013 retour

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